La Fille en Gris

#elaïastory : Le choix de Sophie / Sourcing Fabricants

Je sais que tu l’as attendu cet article, tu ne vas pas être déçu ! Cet épisode est plein de rebondissements ! En effet la recherche de fabricant n’a pas été un long fleuve tranquille.

Depuis le début, notre objectif avec cette série d’articles est de jouer franc jeu : la vérité toute la vérité rien que la vérité ! Cet article ne fait pas exception.

Le but n’étant pas de dénoncer qui que ce soit, mais de partager notre expérience, notre point de vue,  nous ne citerons personne. Si tu cherches un fabricant, contacte moi je t’aiderai avec plaisir !

Les étapes de conception

Afin de te parler de notre recherche, voici un petit point sur les étapes de création d’un vêtement :

Le développement

Cette étape est réalisée par un modéliste.  C’est également la plus onéreuse…

Le Patronage

Un patron est la représentation d’un vêtement vu de face ou de dos. Il est fabriqué en général à partir de feuilles de papier et permet de concevoir un vêtement avant sa fabrication en couture.

Le Prototypage
Le prototype de vêtement issu de cette opération va devenir la base utilisée pour la réalisation d’une tête de série.
La Gradation

Il s’agit de l’opération conduisant à l’obtention d’éléments de patronage ou dans des tailles supérieures ou inférieures au patron de base.

La Fabrication

Coupe
Tête de série
Fabrication par modèle

Notre recherche

Si tu as suivi tu le sais, aucune de nous n’est modéliste. Alors afin de pouvoir lancer notre première collection capsule, il nous faut donc trouver un ou des partenaires pour le développement et la fabrication de petites séries.

Ça va surement te surprendre (ou pas) mais les fabricants n’ont pas vraiment pignon sur rue, ni même une fiche Google My Business… Une aiguille dans une botte de foin pour nous qui n’avons aucun contact dans le milieu.

Nos recherches (Google) nous ont amenés à un premier rendez-vous avec un atelier en banlieue parisienne. Leur site internet très moderne mettant en avant leurs valeurs éthiques et responsables nous a tout de suite tapé dans l’œil, mais surtout, ils proposent le développement et la fabrication en petite séries !

Nous étions donc très pressées de les rencontrer. La déception n’en fut que plus élevée… Nous avons vite compris que nous nous n’étions pas leur client cible et qu’ils ne nous correspondaient pas non plus. 

D’abord les prix… Notre budget nous permettait à peine de payer les prototypes (quid de la production, de l’achat des matières, des accessoires,…). Notre objectif est de proposer de belles pièces faciles à porter au quotidien. Avec le recul je pense qu’ils cherchent plutôt à développer des modèles très recherchés. Bref comme je te le disais ça match pas.

Tips : Lorsque votre interlocuteur ne vous demande pas vos coordonnées à la fin du rendez-vous, à priori il n’est pas très intéressé…

Nous étions tellement sûres de nous pour ce rendez-vous, que nous n’avions pas de Plan B. Nous sommes sortie de là complètement dépitées… Et pour couronner le tout, une amende nous attendait sur le pare-brise… GRANDE JOURNÉE !!!

Nous revoici donc sur Google. Cette fois-ci pas question de tout miser sur un seul rendez-vous, du coup on multiplie les options.

Jusqu’à notre rencontre avec un fabricant du sentier

– la qualité a l’air au rendez-vous,

– il s’occupe à la fois du patronage, du prototypage, de la gradation et de la fabrication de petites quantités

– les prix se rapprochent plus de notre budget. En tout cas pour la partie développement, parce que pour la fabrication “Ne vous inquiétez vous, Ne vous inquiétez pas…” et puis surprise surprise… Mais j’y reviendrai un peu plus tard.

Nous décidons donc de travailler avec lui sur le développement de nos modèles, nous verrons pour la fabrication le moment venu.  Dans un premier temps, nous lançons avec lui 3 prototypes  : une veste, une jupe, une chemise. Ça va assez vite et rapidement nous découvrons nos créations ! Nous ne sommes pas déçue et nous le faisons savoir ! Un peu trop peut être… Arrive le moment de négocier la fabrication et là Surprise : 100€HT/pièce pour la veste… Hors achat de tissus et autres accessoires (doublure, épaulettes, griffe)… Humhum

Franchement on ne s’attendait pas à ça… Parce qu’on a fait une étude de la concurrence quand même… Et on a fixé notre prix TTC en fonction… Concrètement, nous avons étudié les prix d’autres marques, dont je ne citerai pas le nom, qui fabriquent en France et vendent uniquement sur internet avec des modèles de vestes dans le style de la nôtre en moyenne à en moyenne 150€TTC. On sait que ces jeunes marques sont aussi sur de petites quantités. Il ne faut pas être Einstein pour comprendre que le coût unitaire de fabrication de ces vestes n’est pas de 100€ mais moins de 35€. Je te la fais Grosso Merdo : 150-20% = 120€, 120€-33% = 80€… Sachant qu’une marge raisonnable serait une marge de 2.2.

Bon c’est une chose d’avoir vu une opportunité et d’avoir voulu la prendre. #businessisbusiness

Ce qui est plus embêtant c’est que notre interlocuteur a légèrement perdu son sang froid. La discussion, ou plus précisément la négociation, est impossible ! C’est gênant parce que la négociation c’est un peu une partie incontournable de notre partenariat. Nous n’allons pas accepter n’importe quels prix, simplement parce qu’on a haussé le ton sur nous!

Autant te dire nous sommes sorties de là remontées comme des coucous suisses. Branle-bas de combat, on ressort les contacts qu’on a et on repart en recherche d’un fabricant!

Le temps passe (2 heures environ), la pression retombe et il nous rappelle pour s’excuser… Nous sommes encore sous le choc, nous préférons reporter la conversation à la semaine suivante, à froid. Nous l’avons donc laissé mijoter le temps de nous calmer, et ça a complètement retourné la situation à notre avantage !  Nouvelle offre de prix = 75€HT pour une veste et une jupe soit 35€/ pièce (versus 100€ la veste un peu tôt).

Sur le coup, franchement, j’avais le sentiment que travailler avec lui aller être compliqué, nos relation n’étant plus du tout fluides et la négociation une source d’anxiété majeure! Mais nous avons choisi de continuer à bosser avec lui pour le développement. Il nous reste alors 2 protos à faire et nous nous étions déjà mis d’accord sur les prix, autant terminer cette étape avant de prendre une décision.

A présent nous nous connaissons mieux et nos relations s’améliorent. Il est clair qu’il nous prend désormais au sérieux. Peut être que ce rééquilibrage des forces était nécessaire. A la fois vis à vis de lui, mais aussi pour nous, notre association. Nous sommes plutôt fières de la façon dont nous avons géré cet épisode. Nous aurions pu perdre notre sang froid, paniquer, ou pire accepter ses prix par peur de négocier! Nous savons maintenant comment communiquer avec lui et surtout qu’il est inutile de parler chiffre en face à face. Aussi et c’est important nous sommes satisfaites du résultat des prototypes.

Nous décidons donc de lancer la négociation pour la fabrication des 3 dernières pièces mais à notre manière! Nous lui avons soumis les prix que nous souhaitions (des prix en dessous de notre prix cible évidement) par écrit et l’avons laissé y réfléchir et revenir vers nous. Le charme a opéré : pas de drame et nous avons eu les prix que nous voulions !

C’est partie pour la production à Paris!

 

1 Comment

  1. BLANCHET

    8 novembre 2018 at 14 h 19 min

    Bon travail les filles. Ne reste que la phase “Tête de série” avant le grand saut.

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